Monday{26}April 2010
Sauve un arbre: mange un castor
Pour devenir plus écologiques, la grande majorité n’est prête à changer ses habitudes que si on lui parle de primes, taxes ou économies d’argent.
Quelques magazines sont maintenant imprimés sur papier recyclé avec des encres végétales, mais la logique de l’éditeur pourrait être poussée en modifiant un petit élément.
Comment économiser du papier, de l’encre, du toner? En utilisant une typo Sans-Serif…
Les néerlandais de Printer.com ont publié un test comparatif, non pas d’imprimantes, mais de typos. On sait que, de par sa forme, un caractère ne va pas nécessiter la même quantité d’encre pour être imprimé. Mais on n’imaginait pas que la différence pouvait aller jusqu’à 31%.

10 fonts ont été sélectionnées pour le test, consistant à l’impression d’un document PDF.
Le coût des cartouches d’encres pour l’impression de documents en Arial, par un particulier, sont estimés à 66 dollars par an, alors que ça ne lui aurait coûté que 46 dollars s’il avait utilisé de la Century Gothic.
En lisant l’article, un professeur de l’Université du Wisconsin a suggéré à son administration de passer d’un caractère Serif (avec des empattements) à un Sans-Serif, ou caractère bâton. Chaque année, l’établissement de 6500 étudiants dépense environ 100.000 dollars par an rien qu’en cartouches d’encre et toner. En passant à la Century Gothic pour sa paperasserie, le recteur de l’université estime les économies entre 5000 et 10.000 dollars par an.

Un cas concret que les administrations devraient prendre en exemple, mais aussi les rédactions qui ont eu la bonne idée de choisir des encres végétales pour leurs publications, encres de plus en plus utilisées et accessibles (parfois obligatoires dans certaines imprimeries), mais dont la quantité utilisée par l’imprimeur pourrait être réduite. Voilà comment pousser son intention écologique un peu plus loin, de manière simple.

Atelier de préparation des encres chez un imprimeurs.
Le nettoyage des plaques, cyclindres et bacs à encres reste une opération poluante. Même avec des encres végétales.
Petit bémol: la Century Gothic, bien qu’étant plus économique en encre, possède une chasse (largeur de caractère) importante: si chaque caractère est un petit peu plus large, à l’échelle d’un texte, ça fait des lignes en plus, et à l’échelle d’un rapport ou d’un dossier, ça fait des pages supplémentaires.

Second bémol, mais ce n’est qu’un avis personnel que partagerons sans doute quelques typographes, la Century Gothic n’est pas faite pour les blocs textes: dessinée pour des titres ou des chapeaux, je lui reproche un manque de lisibilité (les “a” et “o” bas-de-casse sont, par exemple, trop ressemblants), et donc un confort de lecture amoindrit.
Un peu comme la Futura. À choisir une fonte classique, je leur préfère la Verdana, et la Times New Roman (une serif, et pourtant eco-friendly).

Verdana
Une fonderie a également créé une Ecofont, dont le corps du caractère est “troué”.
Une bonne idée, mais qui se paye via license. (Edit: la fonte est disponible en téléchargement gratuit, ici.)

Ecofont: Une police avec “des tout mini imperceptibles petits trous
qui permettent d’économiser plein plein d’encre” (©Be Girl).
Autre solution gratuite: diminuer la qualité d’impression dans les paramètres de son ordinateur; Pour des documents textes, la différence visuelle est souvent imperceptible, mais l’économie bien réelle.
On est d’accord, pour Monsieur-Tout-Le-Monde ou Madame-Michu, ce sont de petites économies, mais des économies quand même !

Dans une entreprise, on n’empêchera pas les employés d’imprimer leurs mails… sauf si la font d’affichage est bien choisie: on s’est rendu compte que les gens préfèrent la version imprimée d’un document, une liste de tâches ou de corrections à effectuer par exemple, pour une question psychologique de rapport au papier et de confort de lecture. Psychologie que l’on peut influencer en affichant une fonte plus “agréable” à l’œil: de la Verdana ou de la Georgia par exemple, respectivement Sans-Serif et Serif, mais toutes les deux dessinées pour une lecture à l’écran.

Exemple comparatif de typos pour l’affichage sur écran mobile:
bien choisie, une typo peut complètement changer le confort de lecture.
Une autre alternative, très éfficace quand il y a besoin de faire des aller-retours fréquents entre sa boite mail et un éditeur de texte, est de copier le contenu et le coller dans le widget “post-it“ (mac), qui permet même un affichage au dessus de tous les autres softs. Là au moins, on n’utilise pas d’encre ni de papier.
Une fois de plus, ce genre d’initiative ne portera ses fruits qu’à moyen terme, si les individus et entreprises en sont conscients et l’appliquent: fabriquer du papier, ça demande des ressources, fabriquer de l’encre et des toners, ça demande de l’énergie, et les nano-technologies sont encore trop loin que pour permettre un recyclage propre ou nous offrir un journal en papier électronique.
Camarade Designer et Graphiste, avant ta composition, choisis ta typo de manière réfléchie!
Camarade Citoyen, demande-toi si ton document a vraiment besoin d’être imprimé !
Sources
- Printer.com, Yahoo news, Lisibilité et Typo web
- Images: Printing Ink Station picture, Century Gothic 1991, Thinking Type, TypeCon 2006, Widget Post It: Simon Robic.







Plus fort encore : l’écofont
Une police avec des tout mini imperceptibles petits trous qui permettent d’économiser plein plein d’encre…
http://www.ecofont.com/en/products/green/font/download-the-ink-saving-font.html
(Mais reste dificile à utiliser en publication .. )
Be green!
L’Ecofont est mentionnée dans l’article: tu as sans doute sauté une ligne, alors j’ai rajouté une image.
Et puis j’ai volé ton commentaire, parce que les tout mini imperceptibles petits trous sont importants à mentionner (un peu comme la micro-perforation du papier alvéolaire Mel*ta, qui laisse passer tout l’arôme du café). 20% d’économie d’encre.
J’ai aussi corrigé en rajoutant le lien: merci.
Pour une utilisation professionnelle (impression offset d’un magazine par exemple), je ne me risquerais pas à l’utiliser, pour une question de “couvrant” correct de l’encre. Et puis il y a plus sexy que la Verdana…
Reduce, Reuse, Recycle !