Des livres, il y en a pour tous les goûts, dans tous les genres, mais parfois, y’a vraiment de quoi être déçu… Heureusement, certains ont encore l’exigence du travail bien fait…

Les librairies, c’est un peu comme les supermarchés: on y va pour trouver de quoi se nourrir la tête ou les yeux, et l’imaginaire. Chaque semaine apporte son lot de nouvelles sorties, attendues ou à découvrir, avec parfois un bandeau de recommandation. Un peu comme ces produits avec un gros macaron “Nouveau - Testez-le!“. Si ce n’est qu’il est difficile de se faire rembourser un bouquin en renvoyant le code-barre au producteur parce que son produit n’a pas plu.

Le livre, et plus particulièrement le livre graphique, on peut l’ouvrir pour en goûter quelques morceaux avant de l’acheter. Il y a pourtant des rayons consacrés à cette catégorie d’ouvrages qui m’attirent de moins en moins: ceux dédiés au “Design Graphique”… Ces bouquins, qui faisaient ma joie il y a 5 ou 6 ans, m’emmerdent aujourd’hui. Parce que j’en ai eu ma dose: malgré l’annonce “Nouvelle recette”, j’ai vraiment l’impression de goûter la même chose. “Tiens, un n-ième bouquin sur les tendances actuelles“. D’un livre à l’autre, du contenu redondant: déja vu, déja vu partout… Du réchauffé, voire pire: du repompé impersonnel et vidé de son sens.


Super! Du vectoriel impersonnel, des couleurs flashis, des cibles, du dégradé, des coulures: c’était la tendance en 2004, certains combinent encore ces éléments… J’crois que j’ai la nausée…

Le week-end dernier, je suis ressorti du Bozarshop comme d’une boucherie chevaline un jour de canicule: avec la nausée. Vraiment! Attention, c’est une très bonne librairie, avec énormément de choix, mais c’est peut-être ça qui me pose problème: toute cette offre, étalée sur les présentoirs, dégoulinant des étagères… C’était comme si j’avais mangé de la purée aux épinards pendant des années et que la vue d’une assiette de purée aux épinards m’avait donné un haut le cœur. Et pour ne rien arranger, j’ai pensé à tous ces pauvres arbres et aux milliers de litres d’eau utilisés pour imprimer certains “trucs” qui, à mon sens, n’en valaient peut-être pas la peine…
Exemple: je trouve un chouette format, des pages bien imprimées sur un papier de qualité, mon intérêt s’éveille, le bouquin est agréable et bien façonné, et puis après un rapide feuilletage, l’engouement retombe, parce que le contenu n’est absolument pas à la hauteur de la présentation: c’est graphiquement pauvre, sans rythme, sans imagination… (“Et j’te parle cash quand j’dis ça!”)

Par contre, c’est plus rare et c’est sans doute pour ça que c’est tellement jouissif (si, si!), il m’arrive encore de tomber sur des perles. Le truc que qui me scotche tout de suite. Ça va très vite! Je sais que c’est du bon! Alors je referme le bouquin pour en profiter à sa juste valeur chez moi, au calme, dégustant les pages comme autant de savoureuses pralines. Et sans que ça ne me donne la nausée, s’il vous plait!

Sans doute mes goûts ont-ils changé (ou serait-ce le manque de renouvellement dans ce qu’on nomme “design graphique”?), mais la plupart des “livres à images” qui m’ont fait cet effet ces derniers temps sont plutôt à classer au rayon “Illustration, Dessin, Peinture”. Au cours des 2 derniers mois, c’étaient coup sur coup des ouvrages édités par la même maison: IDW Publishing, avec sa série Sparrow (Moineau)

Idea + Design Works (IDW) publie principalement des comics américains sombres et de qualité (30 Days of Night, Dark Days…), mais édite aussi Popbot, une série de romans graphiques illustrés par Ashley Wood. Et comme Ashley, en plus d’être un illustrateur très talentueux, est bon pote avec le directeur d’IDW, c’est lui qui joue le directeur artistique sur Swallow (en français: Hirondelle), de grands formats sans textes qui regroupent une brochette d’illustrateurs triés sur le volet, comme Kent Williams ou James Jean, et qui s’est donc aussi occupé de Sparrow (je dois re-traduire?).

Comme l’oiseau, les livres de la série sont de petit format (16×16cm), et contrairement à Swallow, ils présentent en moins de 24 pages le travail d’un artiste en particulier, peintre ou illustrateur, presque toujours dans un même style sombre, sexy et mystérieux. Le tout imprimé sur papier glacé et relié sous une couverture épaisse: un régal pour les yeux.

Le premier de la série était consacré à, tiens donc, Ashley Wood. Tout comme le septième: Ashley Wood, volume 2. Et puis il y a aussi un “Ashley Wood - 48 Nude Girls” et un “Ashley Wood Drawings” (et ça, c’est juste un extrait de son impressionante productivité). Mais comme il y a un certain nombre de titres, on se reléchera aussi les babines avec les immenses Kent Williams, Phil Hale, Rick Berry, Glenn Barr, William Wray aaaAAAAARGL!!!

Heureusement, pour éviter les fractures de la rétine, ces bouquins sont assez difficile à dénicher dans le commerce. Et avec un peu de chance, on pourra même ne pas trouver du tout les box collector, relativement honéreuses qui plus est. Bénis sommes-nous!

Les Sparrow, c’est un peu comme certaines drogues: c’est cher pour le volume mais puissant, voire addictif… Et comme j’aime fouiller dans les étagères du bas pour débusquer de nouvelles pépites, j’ai comme l’impression que les visites au rayon Illustration de mon fournisseur seront encore fréquentes…

  • Sources: Wikipedia, PublishersWeekly. Images: IDW, Ashley Wood, 2hotmarketing.com
  • La série Sparrow est éditée par IDW au prix bruxellois unitaire de €14,95. A ma connaissance, 10 albums publiés et une Sparrow Boxed Set regroupant 6 volumes, de mémoire à €95.
  • Non, je ne vous donnerai pas l’adresse où je les ai trouvé, c’est ma source à moi :p