Les beaux jours reviennent, la lumière du matin est fort agréable sur le chemin du taf.
Et ça, ça donne envie d’y aller autrement qu’en transports en communs.

Il y a quelques jours, suite à l’article Landscape, j’ai eu droit à des commentaires
sur le type de biker qui se cache en moi.
Downhill, BMX
? Hanhan… Cruiser? Pourquoi pas, mais non: ni assez rapide, ni assez nerveux et sportif.

Des connaisseurs ont fait remonter mon projet de modifier le cadre d’un vélo qui traine dans une cave, mais cette fois-ci, ça se précise: je te le dis, le fixie est fait pour toi !”.
Amusant: ma toute première monture fut un torpédo. Vert…

Alors depuis quelques jours, j’ai lu une quantité considérable d’articles, de pages, et suis désormais des blogs et forums qui tournent autour du pignon fixe, aussi appelé “fixed gear” ou “fixie“.

Mais c’est quoi, un fixie?
Pour faire simple, c’est un vélo généralement de piste (pour la vitesse donc), qui n’a qu’une seule vitesse et dont le pignon arrière est solidaire de la roue: pas de roue libre possible, ce qui veut dire que tant que la roue tourne, les pédales font de même, et ça oblige à pédaler tout le temps. Y compris dans les tournants, même quand ça va très vite. Et si on résiste pour ne pas devoir mouliner? Hé bien ça part en dérapage. “Attends, et si on pédale en arrière, ça roule en arrière?”
Hé bien oui !

L’histoire et la philosophie qui tournent autour de ce type de vélo me plaisent beaucoup: apparu fin des années ‘80 à San Francisco puis exporté à New-York, le fixie est un biclou simple et pur, sans dérailleur, généralement sans freins, bricolé par des coursiers sur base d’un cadre récupéré. Pas de débauche de moyens ou de gadgets superflus, pas de bling-bling: juste un vélo un peu retro-vintage et facile à entretenir.

Une sorte de pieds-de-nez à toutes les innovations techniques à peine sorties, déjà démodées. Et une manière un peu plus nerveuse de rouler en ville, de se la réapproprier, qui demande de la maîtrise et une grande concentration sur la route et le “loin devant”, pour anticiper tout ce qui pourrait arriver.
Un peu tête-brulée, mais pas inconscient pour autant. Que du contraire!


Le trailer du documentaire Macaframa

Il y a beaucoup à dire sur le sujet, et ça fait rire mes collocs: “Voilà, il est tombé amoureux d’un vélo”. Hé ouais les filles, mais pas que de l’objet en lui-même.
Néanmoins, une chose me retient: la manière de freiner. Pas la peur de perdre le contrôle, de me planter sur le tarmac ou de me prendre une portière: ça arrive, c’est déjà arrivé et ça arrivera encore certainement. Non, c’est plutôt que le rétro-pédalage implique d’avoir de bons genoux, parce qu’on pédale tout le temps et surtout qu’on les met à épreuve pour freiner. Et mes genoux, c’est mon talon d’Achille…

Mais la discipline n’est heureusement pas stricte ou puriste, et ceux qui veulent entrer dans ce genre de communauté ont aussi le choix du SingleSpeed. Mais ça, c’est autre chose…

Allez, il fait beau, je vais faire le tour des bike-shops bruxellois et essayer de trouver un carrossier qui pourrait me faire une belle couleur pour mon cadre…