Sunday{10}May 2009
Résurrection et mort d’un vieux cycle
En rentrant du boulot l’autre soir, je suis passé devant le garage qu’un type avait vidé.
Émergeant d’un tas de brols à balancer: une selle, un cadre, 2 roues… Un vieux biclou !!!
Ni une, ni deux, si personne n’en veut, je suis preneur:
le cadre a une bonne gueule et j’avais justement comme projet de retaper une bécane…
Le lendemain, je découvre la bête à la lumière du jour: c’est sûr, il est pas tout neuf, il y aura du boulot, mais la base est vraiment intéressante. Détail sympa: il y a même un cadenas avec sa clé !!! (et non, je n’ai pas volé cette bécane !)

Après avoir regonflé les pneus, je fais un tour rapide pour tester les freins, les dérailleurs: câbles et poignées sont un peu grippés et complètement déréglés. Il grince, il est dégueulasse, gras et poussiéreux, et demande un entretient complet.
Au boulot !
D’abord, virer ce qui est superflu à mes yeux. Bye-bye gardes-boue, porte-paquet, dynamo, phares, catadioptres, pied, poignées, sonnette…

Haaaa, voilà, il a déja une autre gueule ! Je pourrais le convertir en fixie, mais j’ai déja pas mal lu sur le sujet et suis arrivé à la conclusion qu’un pignon fixe, c’est peut-être pas idéal pour l’usage que je compte en faire. D’ailleurs, John (qui s’occupe de Landscape Magazine) pense comme moi: un vélo sans vitesses ni freins dignes de ce nom, c’est pas pour faire de longues distances dans un Bruxelles plein de pentes. On va donc garder le dérailleur arrière. Mais je vire quand même le dérailleur avant…
Maintenant, on va lui donner son bain: de l’eau très chaude, du savon super-dégraissant (mais écologique !), des brosses dures, des éponges. Pour faire le boulot correctement, je démonte tout. Les voisins sont intrigués…

Eeeeet voilàààà, plein de pièces partout:

Ça rappelle Jacques Tati !

Il me faudra quand même plusieurs heures pour graisser, huiler et remonter correctement la bête. La nuit est déja bien avancée quand je rentre avec ma nouvelle monture, propre, les lignes épurées et… le guidon retourné.
Le lendemain, je découvre le plaisir de rouler sur une belle bécane, super maniable et qui ne fait aucun, aucun bruit !
- “Ah, c’est à toi ce vélo, Morti! J’en étais sûr !”
- “Yep. Qu’est-ce qui te faisait dire ça ?”
- “Le guidon, sa forme en général: vintage. Ca te va bien !”
- “Oldschool man, oldschool !”

Pendant une semaine d’utilisation relativement intensive (2 à 3 heures par jour, en tirant bien dedans), je casserai une pièce du pédalier, le cable du dérailleur arrière et ferai les frais d’une crevaison… Le pneu arrière, plus tout neuf et abîmé par la jante, va lui aussi commencer à lâcher.

C’est en voulant en racheter un, de pneu, que je me rends compte que les dimensions des jantes ne sont pas standards, et qu’il faudrait que je passe commande sur un site spécialisé. D’après un vélociste: “Ce genre de pièces, c’est plus courant depuis les années ‘40″. Et puis là, je découvre qu’un vélo, c’est pas juste des roues sur un cadre: il existe des dizaines de tailles de jantes différentes, que les pédalier peuvent être français, italien ou anglais, chacun avec leur filetage particulier (ça se visse dans un sens pour celui-ci, dans un autre pour celui-là), et que même s’il n’y a pas autant de pièces qu’il n’y parait, en fait: si! En plus de toutes les dimensions et combinaisons différentes possibles entre elles, évidement pas toujours compatibles…

Jeudi soir, je casse le boîtier de pédalier… Damn’…
Je suis bon pour un démontage et, oh, Surprise! : la boite de pédalier n’est, elle non plus, pas du tout standard (pour la discussion technique, voir mon post sur PignonFixe.com). En cherchant un boîtier de pédalier qui pourrait convenir, et au fil des discussions, j’en viens petit à petit à une conclusion: j’ai trouvé un vieux vélo américain, dont certaines pièces sont de très grande qualité (des freins suisses Weissmann, une potence Nitto…), mais dont les dimensions et montages sont très différents et pas standardisés avec du matériel plus récent.

Un boîtier de pédalier ancien mais neuf, je devrais le commander sur un site américain spécialisé, pour peu qu’il y en ai encore…
Les recherches continuent, mais je ne me fais pas trop d’illusions: je vais pouvoir récupérer des pièces pour éventuellement les monter sur un autre vélo, mais vais quand même probablement devoir me débarrasser du cadre…

Au moins, cette semaine de vélo m’aura permis de remettre les pieds sur des pédales et les mains dans le cambouis. Mouliner à fond jusqu’à en avoir mal dans les cuisses, dépasser les trams et bus, me faufiler entre les voitures…
Le soir, descendre dans le centre en roue libre, au milieu d’une route dégagée. Bouffer des kilomètres, sentir le vent, écouter les sons de la ville, à toute vitesse, et ne presque plus sentir le contact avec le sol…
Avoir cette putain d’impression de liberté. Cette putain de liberté !







Aah les vélos..
Du beau travail en tout cas.
Pour trouver des vieilles pièces, tu peux toujours essayer Recyclo, rue de Flandres. Ils font de la récup et j’y ai déjà trouvé mon bonheur.
à la prochaine
Merci Fabienne
Pour “Cyclo”, j’y passe fin de semaine, mais ils ont quand même vraiment des horaires à la con…
Mais ce ne sera pas pour ce vélo: si tu veux un cadre et des roues pour décorer ton intérieur…
Chaque fois je me dis que je devrais prendre des photos du mien comme Morti…
Le mien est presque finit je te montrerai ça bientôt, en tout cas bien classieux le tient !!!